Airducation : un dispositif FTLV libre, tout public et adossé à la recherche

Cécile Jahan est responsable du Pôle développement de la formation continue & partenariats à l’Université Paris-Est Créteil (UPEC). Elle porte depuis plus de deux ans le projet Airducation qui rassemble des expertises scientifiques et éducationnelles, publiques et privées, sur le thème de l’impact sanitaire de la pollution de l’air. Plusieurs parcours de formation, en ligne et gratuits, ont été conçus pour les citoyens, les jeunes ou encore les professionnels de santé.

Bonjour Cécile et bienvenue sur le site « Objectif FTLV ». Tout d’abord, parlez-nous de votre parcours professionnel, avant votre arrivée à l’Université Paris-Est Créteil.

Adolescente, je m’étais projetée sur le métier d’enseignante d’allemand. L’allemand est ma première langue vivante, découverte dès la 6e et, avec elle, un monde et une culture qui m’ont immédiatement fascinée par leur côté à la fois exotique et familier et que je n’allais plus quitter durant les 20 années d’études suivantes.

Après une formation en études germaniques, spécialisée en linguistique et sociolinguiste qui m’a conduite jusqu’à un doctorat, il s’est posé la question cruciale de l’insertion professionnelle dans un marché où les jeunes docteurs peinent à trouver leur place. La carrière universitaire s’est vite avérée contrainte : trop de candidats pour peu d’élus, raréfaction des postes et sans doute aussi la capacité à faire preuve d’une grande patience que je n’avais pas.

J’ai donc cherché du travail dans un domaine où les compétences allemand + formation + gestion de projet (la thèse étant un véritable projet) étaient recherchées. Ajoutés à cela mes propres critères, à savoir : envie de développer de nouvelles compétences + trouver du sens à mon métier, je me suis lancée dans une recherche d’emploi qui m’a rapidement portée vers de nouveaux horizons : ceux d’une collectivité territoriale, la Région Alsace, qui m’a recrutée comme chargée de mission pour le développement d’un dispositif innovant d’apprentissage transfrontalier.

Au Conseil régional, j’ai découvert le monde de la formation professionnelle initiale, à travers l’apprentissage et l’ensemble des dispositifs d’accompagnement et de financement que la Région met en place à destination des acteurs impliqués (CFA, lycées, partenaires sociaux et autres parties prenantes). Après 3 ans passés à promouvoir la mobilité apprentie et à faciliter les échanges entre les CFA alsaciens et les entreprises allemandes, j’ai intégré l’Afpa, agence pour la formation professionnelle des adultes, en tant que responsable des formations franco-allemandes. À l’Apfa, j’ai pu expérimenter et développer de nouveaux modèles de formation continue, dont l’objectif était de former des demandeurs d’emploi alsaciens et lorrains et de les préparer à intégrer le marché de l’emploi en Allemagne. Plus de 200 personnes ont été ainsi formées durant mes 5 années d’exercice à l’Afpa. Ce travail, dont je garde un excellent souvenir, m’a permis aussi de développer une véritable expertise sur les questions d’adéquation emploi-formation en contexte transfrontalier, sur l’ingénierie de formation reposant sur des blocs de compétences définis à partir de besoins de part et d’autre d’une frontière, ou encore sur la comparabilité des métiers (niveaux de formation, contenus, modalités d’apprentissage, etc.).

Enfin, en 2016, j’ai rejoint l’UPEC, en qualité de responsable d’une petite équipe au sein du service de formation continue. L’équipe, qui constitue l’un des trois pôles du service, est dédiée au développement de la formation continue et universitaire et à la mise en place de partenariats institutionnels et privés. Mon rôle est de développer l’offre de formation, de construire des parcours sur-mesure en partant des besoins, d’imaginer des modalités d’apprentissage innovantes et de spécialiser notre proposition de valeur pour permettre à l’UPEC de se démarquer d’une concurrence rude sur le marché de la formation professionnelle. Cette ambition m’a amenée, entre autres, à développer un pan de l’offre de formation autour des sciences de l’environnement, en lien avec la santé et les sciences humaines et sociales. Ce volet fait directement écho aux axes stratégiques de l’établissement. Par ailleurs, il me touche personnellement, car il renvoie à des valeurs personnelles et un engagement fort en faveur de problématiques relatives à la transition écologique et à l’évolution des comportements. Cet engagement pour l’environnement s’est d’ailleurs traduit par une implication associative, d’abord à Strasbourg puis à Paris, visant l’amélioration de la qualité de l’air, un sujet éminemment sensible et actuel. L’UPEC dispose d’un laboratoire spécialisé dans ce domaine et c’est tout naturellement que les enseignants-chercheurs de ce labo ont accepté de me suivre dans le projet que je leur ai proposé.

En 2016, le projet déposé par l’UPEC est retenu dans le cadre de l’AMI Pilotes FC et cela déclenche votre recrutement. Quel était le projet initial ? Comment a-t-il évolué vers ce qui s’appelle aujourd’hui « Airducation » ?

Les premières semaines qui ont suivi mon recrutement à l’UPEC n’ont pas été faciles. Elles ont mis à rude épreuve le choix qui avait été le mien de quitter un CDI douillet en Alsace pour un CDD plein d’incertitudes en région parisienne, entrainant une mobilité et une fragilisation de mon équilibre familial. La promesse de départ, qui était aussi la raison pour laquelle j’avais décidé de relever ce défi, était pourtant appétissante ! L’UPEC venait de remporter un AMI pour développer la formation continue et l’université rejoignait ainsi le cercle très privilégié des universités pilotes en matière de FC. Un poste à challenges pour l’établissement et pour moi !

L’installation dans mes nouvelles missions n’a cependant pas été aisée. Elle a d’abord été marquée par l’arrivée dans une structure hyper hiérarchisée, à plusieurs étages, où les processus décisionnels sont complexes et s’inscrivent dans une temporalité plus longue. Elle a aussi été marquée par la découverte d’une deuxième personne recrutée au même moment, sur le même poste. Situation assez inédite qui s’est finalement transformée en véritable atout. Enfin, elle a été caractérisée par un changement politique, issu du résultat d’élections d’une nouvelle présidence. Pour la nouvelle équipe en place, qui n’était pas celle qui m’avait recrutée et qui avait candidaté à l’AMI, le développement de la formation continue n’était pas prioritaire.

Face à cette situation déroutante, privée d’impulsion et d’objectifs précis, il a fallu se réorganiser. Avec mon binôme, une véritable complémentarité et une complicité se sont mises en place. Ma connaissance du monde universitaire et de la formation professionnelle d’une part, et son expertise en marketing, en conduite du changement et en développement de compétences d’autre part, ont permis de réfléchir à une restructuration de la politique de développement de la FC : stratégie de marque, étude de la concurrence, affinement de notre positionnement, création d’outils et de supports de communication, professionnalisation de la démarche commerciale.

Dans le cadre politique contraint qui était le nôtre, cette activité s’est cependant rapidement heurtée aux limites de l’exercice. Sans portage politique volontariste, la meilleure des stratégies ne pouvait pas se décliner en actions ambitieuses. Mon binôme et moi-même en avons rapidement pris conscience. Pour nous deux, il fallait donc trouver un autre terrain, qui nous permettrait de déployer nos compétences et nos idées. Mon binôme a trouvé son alternative ailleurs et a quitté l’UPEC au bout d’une année. J’ai, quant à moi, trouvé un autre champ d’action, au sein de l’UPEC, grâce à une initiative devenue aujourd’hui un véritable projet d’établissement. C’est ainsi qu’est né Airducation.

AirducationLe projet résulte de la volonté de rassembler les expertises scientifiques et éducationnelles, privées et publiques autour d’un thème : la qualité de l’air et ses effets sur la santé. Il est aussi la concrétisation professionnelle d’un engagement dont les origines sont personnelles et associatives. Il est enfin et surtout un projet de FTLV qui touche tous les publics. À l’UPEC, l’existence d’un laboratoire spécialisé sur la pollution atmosphérique et d’une faculté de médecine, ainsi que d’autres labos en SHS ont constitué des atouts déterminants pour développer une telle initiative. Pour convaincre les enseignants-chercheurs de s’engager dans cette aventure, il a fallu faire preuve d’une forte capacité à fédérer en dépit d’un retour sur investissement que nous savions minime (pas de décharge d’enseignement, car le projet viendrait en plus des activités des enseignants-chercheurs, pas de valorisation immédiate de la recherche, pas de rémunération pour les contributeurs). Les arguments qui ont séduit l’équipe se sont trouvés ailleurs et ont, finalement, été nombreux : la possibilité de former à travers le dispositif des professionnels (de l’environnement, de la santé), le développement de nouvelles modalités pédagogiques (serious game, mooc, etc.), la responsabilité de faire le lien vers les publics jeunes issus de l’enseignement secondaire, l’engagement envers la société à travers le transfert de savoirs, la possibilité de rendre la science accessible au plus grand nombre, la vulgarisation de la recherche, etc.

Il a fallu aussi convaincre l’équipe politique, rapidement séduite par le projet et qui l’a, de ce fait, fortement soutenu.

Airducation propose des parcours de formation en accès libre et gratuit, intégralement en ligne, sur le thème de la santé et de la qualité de l’air. Pouvez-vous nous expliquer les caractéristiques des formations proposées et les publics visés ?

Airducation est un dispositif de formations qui propose, en accès libre et gratuit, quatre parcours de formation numériques : le Parcours Citoyens, le Parcours Jeunes (tous deux déjà en ligne), le Parcours Santé et le Parcours Environnement (prochainement en ligne). Chaque parcours, destiné à des publics différents, propose des contenus adaptés aux besoins de ces publics et est accessible sur un portail internet dédié (www.airducation.eu), au travers de modalités ludiques pour des contenus scientifiques.

Pour répondre parfaitement aux besoins des publics, une enquête qualitative et quantitative a été réalisée.

L’un des 4 parcours, le Parcours Jeunes s’adresse à un public à partir de 14 ans et ses professeur·e·s de l’éducation nationale. Ce parcours est un serious game dans lequel les joueur·euse·s incarnent un personnage menant une enquête scientifique sur des idées reçues relatives à la qualité de l’air. Chaque enquête correspond à un module de formation (32 au total) et ainsi à un objectif pédagogique. Le parcours propose également des options pratiques et originales afin de personnaliser l’expérience. Dans le cadre scolaire par exemple, les professeur·e·s ont la possibilité de créer des parcours-types, des équipes d’élèves, de gérer et de suivre leur progression pédagogique. Il s’adresse tant aux enseignant·e·s pour un usage en lien avec les programmes scolaires, qu’à toute personne sensible aux avantages de la ludopédagogie.

Ce projet rassemble une douzaine d’acteurs publics et privés. Comment avez-vous convaincu ces organismes de participer et quel est leur rôle ? Qu’est-ce que cela apporte au projet ? Est-ce que cela génère des tensions ?

Initié et piloté par l’UPEC et co-porté par Airparif, Airducation réunit de nombreux partenaires, issus du secteur public et privé parmi lesquels : Académie de Créteil, ADEME, CNRS/IPSL, Conseil départemental du Val-de-Marne, Direction Générale de la Santé, FIMEA, Fondation du Souffle, Grand Paris Sud-Est Avenir, Les Respirations, Ville de Paris, Suez, l’Université Paris-Diderot.

Un observateur extérieur d’envergure internationale, l’ONU Environnement, suit également les travaux.

En interne à l’UPEC, j’ai mobilisé une équipe d’enseignant·e·s-chercheur·euse·s dédié·e·s issu·e·s des sciences de l’environnement, de la santé et des sciences sociales. L’équipe projet a été accompagnée par le service d’appui à la pédagogie et aux usages numériques et le service de formation continue, dont je fais partie.

Chaque partenaire a un rôle déterminant et apporte une expertise complémentaire, qu’elle soit scientifique, pédagogique, technologique, thématique ou sur d’autres sujets comme la communication, l’évènementiel. Les contributions des partenaires sont de nature humaine, par la mise à disposition de personnel, ou financière par l’octroi d’une subvention.

L’organisation d’un tel projet nécessite une clarification des rôles et une gouvernance transparente où les fonctions des partenaires sont bien définies et communiquées. Tout ceci a fait l’objet d’une charte rédigée sous la forme d’un Accord de partenariat qui fixe les droits, devoirs et obligations de chacun. Mon rôle en tant que pilote de ce projet est de veiller au respect des règles fixées par l’Accord de partenariat, d’organiser les différents comités, de veiller au bon déroulé du projet, d’être conforme aux indicateurs du dispositif européen qui nous finance, de livrer les réalisations dans les temps, de respecter nos engagements vis-à-vis du FEDER.

Les parcours de formation Airducation sont gratuits. Vous disposez d’un financement FEDER pour une durée limitée. Avez-vous d’autres sources de financement ? Quel est le modèle économique de votre projet ?

Le projet a obtenu le soutien de l’Union Européenne, via l’attribution d’une subvention du Fonds Européen de Développement Régional (FEDER), ainsi que d’autres financements : SUEZ, ADEME, CNRS. Ces financements ont permis de développer une partie des contenus avec des prestataires ou des contributeurs externes. Le financement européen implique une mise à disposition gratuite des parcours de formation. Pour rendre le dispositif viable financièrement à long terme, nous envisageons dès cette année la création de DU d’approfondissement et de spécialisation (selon les publics-cibles professionnels). Ils seront payants, comme le sont tous nos DU, et permettront la diplômation pour les publics qui souhaitent aller plus loin et faire reconnaitre leur démarche de formation. Un examen sera prévu à l’issue des DU pour la validation.

Les DU seront adossées à la recherche et renforceront la dimension interdisciplinaire que l’UPEC est capable d’apporter en raison des nombreux domaines qu’elle couvre.

Vous avez beaucoup travaillé le volet marketing et communication du projet. Airducation est d’ailleurs une marque à part entière. Pouvez-vous expliquer votre logique et les objectifs poursuivis ? Quels sont les indicateurs associés ?

Pour se faire connaitre et reconnaître, une médiatisation et la création d’une marque se sont avérées indispensables. Un groupe de travail constitué de plusieurs partenaires a été mis en place pour réfléchir à ce volet et engager des actions. Nous avons été plus spécifiquement accompagnés par un de nos partenaires – les Respirations – spécialisé en marketing et valorisation de la thématique Qualité de l’air, ainsi que par notre chargée de communication au sein du service de formation continue et quelques personnes de la Direction de la Communication de l’Université.

Grâce à ce travail d’équipe, une marque et un logo ont été créés, soumis au vote du comité de pilotage, puis déposés. Un site internet et une campagne de référencement naturel et payant ont été lancés. Nous sommes présents sur de nombreuses manifestations pour présenter le dispositif et former les futurs publics : enseignants, jeunes, collectivités territoriales et professionnels de santé. Le dispositif a ainsi été présenté en Île-de-France (Assises Nationales de la Qualité de l’air, par exemple, ou encore lors d’une journée de formation à destination d’enseignants venant des trois académies franciliennes), en France (Salon Pollutech à Lyon) et bientôt à l’international (Canada). Les partenaires relaient l’information sur leur site internet et dans leurs flux d’actualité et sont ainsi vecteurs de communication sur ce dispositif. Si Airducation ne dispose pas de réseaux spécifiques, il n’en reste pas moins très présent sur les réseaux sociaux grâce aux posts venant des partenaires et de l’équipe projet (LinkedIn, Twitter, FB et Instagram).

« Les Respirations » prévoit de prochains RDV qui pourront lier Airducation à d’autres thèmes transversaux (climat, éducation, ludopédagogie, MOOC, science et engagement). Enfin, nous réfléchissons à incarner ce projet par le storytelling, un principe qui consiste à personnaliser le projet par la narration de l’histoire de ceux et celles qui l’ont créé ou qui le portent et le représentent.

Les parcours de formation Airducation sont intégralement en ligne et ont nécessité des développements spécifiques. Comment avez-vous géré cette facette du projet ? Quelles sont les difficultés que vous avez rencontrées ? Êtes-vous satisfaite du résultat final ? Et quels sont les premiers retours des stagiaires ?

Pour mener à bien le projet, nous avons recruté une chargée de projet Junior, compétente en matière d’ingénierie de formation. Nous l’avons fait monter en compétences sur le volet relatif à la gestion de projet. Son rôle est de suivre le projet dans toutes ses dimensions, d’accompagner les enseignants-chercheurs dans l’agencement et l’organisation des ressources (et non pas dans leur conception, exercice qui relève davantage de l’ingénierie pédagogique) et, enfin, d’agir comme une interface avec les prestataires. Pour ces derniers, le principe du guichet unique, au travers de notre chargée de projet, a considérablement facilité le déroulé des différents étapes d’avancement, au vue du nombre important de contributeurs dans le projet (une cinquantaine).

Trois des quatre parcours ont été confiés à des prestataires, qui ont assuré la scénarisation et la médiatisation des ressources. Chacun des prestataires, retenus à la suite d’une mise en concurrence conforme au règlement du code des marchés publics et des fonds FEDER, a proposé une approche différente, en phase avec les attentes des publics apprenants cibles, telles que définies à la suite des enquêtes des besoins quanti et quali réalisées en amont du projet.

Chaque parcours a fait l’objet de groupes de travail spécifiques, que nous avons appelés les COTECH (comités techniques). Chaque COTECH a rassemblé les contributeurs (internes à l’UPEC et issus des partenaires) concernés par l’élaboration du parcours. Ainsi, l’Académie de Créteil a participé activement au COTECH dédié au parcours Jeunes ; la Ville de Paris au COTECH du parcours Environnement, etc.

Les résultats des travaux des COTECH ont été et sont présentés en COPIL (comités de pilotage rassemblant l’ensemble des partenaires) organisés une fois tous les 3 mois.

Cette organisation a considérablement simplifié l’avancement du projet. Toutefois, le projet étant de grande envergure avec des ramifications complexes, nous n’avons pas été épargnés de difficultés inhérentes à la gestion de projet. En effet, les enseignants-chercheurs, en raison de leur implication sur les quatre parcours, ont été fortement sollicités, parfois simultanément par les pilotes des COTECH, ce qui a pu générer quelques tensions et des retards dans le calendrier de livraison. Aujourd’hui, deux parcours sont en cours de finalisation (livraison attendue pour fin avril 2019). C’est la raison pour laquelle il est encore trop tôt de dresser un bilan, même si les premiers retours (sur la plateforme, sur les deux premiers parcours, lors de présentations publiques, etc.) sont très positifs et encourageants.

La gouvernance telle que nous l’avons convenue a inscrit le principe de primauté pour l’UPEC quant à la scientificité des contenus. C’est l’Université qui, en sa qualité d’établissement d’enseignement supérieur et de recherche, engage sa caution scientifique sur les contenus et, à ce titre, observe toujours le dernier mot, lorsqu’il faut trancher sur telle ou telle question. Ensuite est pris en compte le point de vue d’Airparif, le coporteur du projet, dont l’avis est prioritaire sur celui des autres partenaires. Si nous avons pris ces précautions pour garantir le sérieux des contenus, il s’est avéré que nous n’avons rencontré aucune difficulté ni contestation sur tout le déroulement du projet et la création des ressources.

Maintenant que le projet arrive à son terme, quelles sont les suites qui vont être données ? Sur un plan personnel, quels sont vos nouveaux challenges ? Est-ce que vous pouvez vous appuyer sur ce succès pour développer de nouveaux partenariats ?

Le projet se terminera fin avril 2019. Nous prévoyons d’en fêter sa clôture et mais aussi le début du reste de sa vie ! Pour ce projet, nous avons plein d’ambitions et une volonté de poursuite. D’abord, il faudra l’actualiser régulièrement, le mettre à jour. Ensuite, nous voulons le développer davantage par la création d’un parcours « Elus » pour les décideurs politiques et des DU pour aller plus loin et se diplômer. La traduction et l’adaptation en anglais et dans d’autres langues sont aussi à l’ordre du jour. Nous comptons pour cela sur l’ONU Environnement, entre autres. Enfin, il est prévu de dresser un bilan du projet à échéance d’un an après la livraison de tous les parcours et le lancer un concours Jeunes pour mobiliser les élèves et leurs enseignants à l’action en faveur d’une meilleure qualité de l’air. Pour tout cela, il conviendra de chercher des financements complémentaires. La chargée de projet Junior, qui va passer sénior, s’en chargera, l’UPEC ayant décidé de pérenniser son emploi. Une excellente nouvelle pour le projet et pour moi, car elle est la garantie d’une continuité et la perspective de pouvoir passer la main, de « lâcher le bébé »…

L’équipe de direction aux commandes de l’UPEC a de nouveau changé, et ses nouveaux membres sont très motivés et motivants. La FC revient au cœur de la politique d’établissement, ce qui laisse entrevoir des pistes de développement laissées en hibernation depuis ces deux dernières années.

Au sein du service de formation continue, des perspectives d’évolution me concernant sont évoquées. Nous verrons ce que l’avenir nous réserve. En attendant, je l’aborde, moi aussi, avec plus de sérénité et de projections, grâce à la réussite d’un concours qui me fait rejoindre le corps prestigieux des Ingénieurs de recherche.